Je ne parlerai pas de moi à la troisième personne
Avec un décalage culturel dont je n'ai jamais réussi à me défaire, j'essaie de dépeindre le monde tel que j'aimerais qu'il soit, tel que je l'imagine, tel que je le rêve ou tel qu'il me hante. Un monde d'amour, d'élégance et de douceur. Parfois avec fatalisme ou pessimisme, mais, je pense, avec une dérision certaine et toujours avec espoir (mais ce n'est pas moi qui l'affirme, alors prenez-le avec un grain de sel).
J'ai travaillé ma plume pendant de nombreuses années dans la rédaction avant de me consacrer pleinement à la photographie. Aujourd'hui, je ne joue plus des mots, mais de la lumière, des couleurs et des gestes.
Très inspiré par les photographes humanistes, j'estime cependant que la photo de rue ne permet plus d'exprimer ce que j'aimerais mettre en avant. Je suis las des photos de personnes qui marchent ou qui ont le regard rivé sur leur téléphone. Oui, c'est peut-être représentatif de la rue du jour, mais ce n'est plus caractéristique de ce que beaucoup de photographes de rue voulaient nous présenter du temps où la rue était encore vivante. Pour chercher les gens ordinaires, leurs gestes et leurs émotions, il faut à présent se frotter à leur bulle ; passer la porte.
Je suis un photographe de l'ordinaire, mais je me refuse à ce que ce quotidien apparaisse plat et banal. Je photographie ce qui est là, sous nos yeux, qu'on aperçoit, mais qu'on ne regarde pas toujours. L'ordinaire sublimé, l'ordinaire sublime.
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